« Les Charmes japonais des Migawari-zaru », exposition de l’artiste Catherine Vinay du 27 janvier au 10 juin 2017

Exposition au château des Demoiselles du 27 janvier au 10 juin 2017. Le vernissage aura lieu le vendredi 27 janvier de 18h à 20h.

 

 

 

 

BIOGRAPHIE :

Passionnée de cinéma, elle fait escale au Festival de Cannes, chaque année. Sans sésame particulier, elle réalise des photos-rencontres de personnalités du cinéma du monde entier, comédiens et réalisateurs.

Ces portraits ont notamment été exposés à Cannes (Espace Miramar), à Paris (Cinéma des Cinéastes) et au Château Sainte Roseline.

Passionnée de découvertes, elle est allée à Nara (Japon) à la rencontre de drôles de « singes » porte-bonheur. Au coeur d’une société high tech, ces figurines expriment des croyances millénaires.

Catherine Vinay traduit dans ses photographies emplies de poésie, l’élégance et le charme japonais.

 

Catherine Vinay

Photographe, auteur

P : 06 11 12 88 01

 

« Les Charmes japonais des Migawari-zaru »

 

Pour un premier voyage au Japon, une escale à Nara m’était apparue comme une étape salutaire pour prendre le pouls d’un pays si lointain, me repérer dans l’espace alors que je ne maîtrise pas la langue ou me perdre dans le plus grand temple en bois du monde.

Au cours de cette étape destinée à retrouver un peu de quiétude, j’ai très vite découvert au coeur de Nara de petites boules de tissu rouge et blanc se balançant au gré du vent, souvent en groupes, devant les maisons traditionnelles du quartier de Naramachi. Dans ces rues impeccablement tenues, devant ces façades parfaitement alignées et ces micro jardins minutieusement soignés, ces petits personnages semblent très discrètement transgresser les règles : de tailles irrégulières, de nombres différents et décorés d’inscriptions variées, ils constitutent des bulles de fantaisie, de légèreté et de poésie.

 

Tout près d’Osaka, à 42 km au sud de Kyoto, Nara transmet irrésistiblement au visiteur l’âme du vieux Japon : en 710 (et pour 74 ans) Nara fut en effet la capitale de ce pays (avant Kyoto puis l’actuelle Tokyo). A cette époque, artistes, savants et techniciens viennent de Chine et de Corée enseigner le tissage de la soie, la maîtrise de la laque ou l’architecture. Le temple Gango-ji serait le premier temple bouddhique du Japon et c’est autour de lui que s’étendent les petites rues paisibles du quartier Naramachi. Les maisons datent pour la plupart de la période d’Edo (1600 -1868) ou ont été reconstituées à l’identique : ce sont des « Machiya », longues maisons de bois, à la façade étroite, à la fois magasin ou atelier et lieu d’habitation.

 

Sur ces façades traditionnelles à grilles (qui dissimulent de l’extérieur et laissent voir de l’intérieur) sont suspendus les « Migawari-zaru », littéralement « singes de substitution ». Ces figurines de satin rouge ont pour mission de protéger les habitants de la maison, de la maladie et du malheur et d’empêcher le diable de pénétrer dans la demeure. Leur nombre équivaut au nombre de membres de la famille. Pourquoi évoquer la figure du singe ? Sans doute parce-que dans le calendrier lunaire, lors des « Kooshin-days » du singe, les trois vers censés habiter le corps humain, s’échappaient pour aller rapporter à la divinité les péchés commis par la personne. Kooshin était alors une divinité qui protégeait ceux qui auraient dû être punis par les dieux et c’est un singe, son messager, qui était alors puni à la place du pécheur.

 

Dans un pays où les hautes technologies semblent si bien intégrées, où la courtoisie ne semble pas entraver la prospérité économique, mon oeil de photographe a été irrésistiblement attiré par ces personnages ou singes, dans tous les cas porte-bonheur, qui défient en toute innocence le raisonnable et le cartésien. Une prédiction sur un morceau de papier ou « omikuji », une promesse sur une ceinture ou une prière griffonnée sur une tête : il n’en fallait pas plus pour me faire rêver et souhaiter vous emmener sur ce chemin de poésie.

 

Catherine Vinay

Photographe, auteur.